ATHLÈTE | THOMAS FAFARD BAT LE RECORD QUÉBÉCOIS DU MARATHON VIEUX DE 41 ANS
Source et crédit photo : Radio-Canada | Christian Petersen | [Extrait] Radio-Canada, Raphaël Massoud, 21 décembre 2025
Le Québécois Thomas Fafard a réussi son pari. Au premier marathon de sa carrière, l’athlète de 27 ans originaire de Repentigny a fracassé le record provincial, détenu par Alain Bordeleau depuis 1984.

Déjà détenteur du record québécois du demi-marathon depuis janvier 2024, l’athlète olympique a franchi la ligne au 6e rang du Marathon Project à Chandler, en Arizona, dimanche matin, en 2 h 10 min 29 s, en retranchant près de 4 minutes à la marque provinciale.
Je ne pouvais pas demander mieux comme première expérience. Ça s’est super bien passé. […] Une très bonne journée pour moi au boulot! C’était super le fun!
Ça a été relativement facile jusqu’à 33 km. De 33 km à 35 km c’est là où j’ai commencé à sentir ce qu’on appelle « le mur ». Je me suis dit : « Ça s’en vient ». Puis, de 35 km à 37 km, c’était très difficile, puis à partir de 37 km, c’était une catastrophe! a-t-il ajouté, soulignant les défis des derniers kilomètres de son premier marathon.

Alain Bordeleau avait réussi un chrono de 2 h 14 min 19 s au marathon d’Ottawa en 1984, lors des qualifications pour les Jeux olympiques de Los Angeles. De nombreux Québécois ont tenté, au fil des ans, d’abaisser la marque, dont encore cet automne Charles Philibert-Thiboutot et Marc-Antoine Senneville, mais aucun n’avait été en mesure de le faire.
Avoir le record d’Alain Bordeleau dans la mire, pouvoir rêver à m’entraîner dans le but de battre ce record, c’était vraiment, vraiment cool. C’était un bel objectif, et Alain est un très bon modèle, raconte Fafard.
Le Québécois, qui a représenté le Canada au 5000 m aux Jeux olympiques de Paris à l’été 2024, devient du même coup le 8e performeur de l’histoire canadienne au marathon. La marque nationale est détenue par Cameron Levins depuis mars 2023 en 2 h 5 min 36 s.
C’est l’Américain JP Flavin qui s’est imposé dimanche en 2 h 9 min 18 s.
En l’espace de deux semaines, les deux records québécois du marathon, vieux de 41 et 42 ans, sont tombés.
Le 7 décembre dernier, le record féminin québécois est tombé. Elissa Legault a abaissé la marque détenue depuis 1983 par Jacqueline Gareau. Elle a retranché 23 s au chrono de référence pour établir un nouveau sommet à 2 h 29 min 5 s.
Félix-Antoine Lapointe, entraîneur-chef d’Athlétisme Québec, a encadré Fafard et Legault dans leur tentative de faire tomber ces deux records du marathon québécois et était avec son poulain en Arizona, dimanche.
Ça faisait longtemps qu’on s’en faisait parler, en tant qu’entraîneur, des records de marathon qui dataient des années 1980, a-t-il souligné. On était dus pour ça. C’est une belle progression, puis ça montre que l’athlétisme québécois progresse. Et chapeau à Alain Bordeleau et Jacqueline Gareau, qui ont eu ces records-là pendant tellement longtemps.
Dans les dernières semaines, Alain Bordeleau estimait également que son record aurait dû tomber depuis longtemps.
Ça fait des années que, pour moi, il faut qu’il soit battu. Il faut que ça progresse, comme les performances mondiales ont progressé. […] Quand j’ai battu ce record, le record du monde était à 2 h 8 min. Aujourd’hui, Eliud Kipchoge a couru en dessous des deux heures, et le record du monde est de 2 h 35 s, [établi par le Kényan Kelvin Kiptum en 2023 au Marathon de Chicago]. Alors, on s’entend que 2 h 14 min, il faudrait que ce soit battu.
C’est maintenant chose faite.
« Je ne compte pas laisser ça à 2:10:29 »
Détenteur du record québécois au demi-marathon, Thomas Fafard avait abaissé la marque provinciale en janvier 2024 en signant un chrono de 1 h 02 min 17 s. Il souhaite maintenant s’attaquer de nouveau à ce record dès le printemps prochain, avant de replonger dans la distance reine à l’automne 2026.
L’objectif ultime est clair cependant : tenter de se qualifier pour de seconds Jeux olympiques, cette fois à Los Angeles en 2028, avec le marathon comme épreuve cible.
Il y a de la marge pour plus tard, dans le sens où c’est un premier marathon en carrière, explique son entraîneur Félix-Antoine Lapointe. En ayant vécu la préparation, l’expérience de la course, on peut espérer que, dans les prochaines années, il va encore pouvoir retrancher plusieurs secondes, ou quelques minutes.
Fafard ne cache d’ailleurs pas ses ambitions personnelles, et espère continuer d’empiler d’autres records dans les prochaines années.
Je ne compte pas laisser ça à 2 h 10 min 29 s. Mon objectif, dans ma tête, c’est vraiment d’essayer d’optimiser mes chances pour me classer à Los Angeles 2028 au marathon. Et pour ça, il va falloir que je descende de quelques minutes encore.
À Paris, en 2024, la référence pour une qualification à l’épreuve du marathon était fixée à 2 h 08 min 10 s.
Pour espérer être [parmi les trois représentants du Canada au marathon] en 2028, il va falloir courir dans ces eaux-là. […] Mais c’est réaliste avec des débuts en 2 h 10 comme Thomas l’a fait aujourd’hui, conclut Félix-Antoine Lapointe. On peut rêver à ça!
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