DÉFI | SPORTIVE ATTEINTE DU CANCER: ELLE VA COURIR UN ULTRAMARATHON 4 MOIS APRÈS UNE DOUBLE MASTECTOMIE

Source et crédit photo : le journal de montréal | Toolia Ulvik | Louis-Philippe Messier | Arianne Labrie [Extrait] le journal de montréal, Louis-Philippe Messier, 28 février 2026

Elle a continué de courir pour garder la forme pendant sa chimiothérapie

Une cancéreuse qui a subi l’ablation des deux seins au début du mois se prépare à courir 55 kilomètres en sentier ce printemps.

« Je continue de courir pendant mon traitement parce que ça me donne de la vitalité et que ça m’aide à passer à travers », raconte Toolia Ulvik, une Montréalaise de 33 ans.

Sa chimiothérapie à la Clinique du sein du CHUM pour combattre un cancer HER2, un type de cancer agressif, a commencé en septembre dernier.
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« Je ne sors pas si je suis K.-O., mais aussitôt que j’ai l’énergie, je la dépense », explique la détentrice d’un baccalauréat en kinésiologie à l’UQAM et d’une maîtrise en physiothérapie à McGill.

« Mes médecins approuvent mon entraînement même si certains sont étonnés quand je leur dis que je cours des 10 kilomètres pendant ma chimio. »

Une course de 55 km

Elle ne compte pas s’arrêter là.

Toolia Ulvik est déjà inscrite au 55 kilomètres de l’Ultra Trail Gaspesia, le 19 juin.

Une entraîneuse va l’aider à se préparer et une amie coureuse demeurera avec elle en cas d’urgence tout au long du trajet autour de Percé.

« Je n’irai pas vite et je marcherai autant que nécessaire, mon but sera seulement d’accomplir l’épreuve », se promet-elle.

Frappée au summum

Juste avant son diagnostic le printemps dernier, elle venait de guider une excursion de randonnée dans les montagnes norvégiennes.

Elle a alors participé à une course de 24 kilomètres en sentier sur les îles Lofoten et s’est classée sixième parmi les femmes.

« J’étais au summum de ma forme quand j’ai appris que j’avais le cancer », se souvient-elle.

Après cinq mois de chimiothérapie, une double mastectomie avec curage ganglionnaire s’est imposée.

« Mon cancer est hormonal, alors je prends un médicament pour me mettre en ménopause artificielle », confie celle qui a donc des bouffées de chaleur, des sueurs et des douleurs articulaires.

« Je ne pensais jamais dire ça un jour, mais je m’ennuie de mes règles », confie l’athlète.

« Une chimio ciblée pour le HER2 me sera administrée pendant encore neuf mois », se résigne celle qui attend le feu vert de son chirurgien pour reprendre la course depuis sa double mastectomie.

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Elle espère pouvoir célébrer sa rémission en 2027 en retournant courir sur les îles Lofoten en Norvège.

S’entraîner pour traverser la chimio

Non seulement la pratique raisonnable d’un sport pendant une chimiothérapie rend celle-ci moins pénible, mais elle améliore les probabilités de rémission et diminue les risques de récidive.

« Les gens qui s’entraînent pendant leur traitement contre le cancer éprouvent moins de fatigue, tolèrent mieux la chimiothérapie et leur moral est meilleur     ; ils ont moins d’idées noires liées au diagnostic et leurs chances de survie sont plus élevées », énumère le Dr Mustapha Tehfe, spécialiste en oncologie au CHUM.

« Peu importe le type de cancers, on recommande au patient deux choses : bouger et manger », précise celui qui se rend au travail à la course, qui cumule une vingtaine de marathons et trois ultramarathons.

Masse musculaire

Le Dr Tehfe a conscience que l’immense majorité des gens malades ne courent pas des marathons.

Il préconise un exercice qui convient à l’état physique de chacun.

« Parce que garder une bonne masse musculaire aide à traverser la chimio, je recommande même à mes patients plus limités de marcher cinq minutes d’une pièce à l’autre, matin et soir, au moins quatre fois par semaine, ou de monter et descendre deux ou trois marches pendant quelques minutes », illustre-t-il.

Il faut éviter qu’une personne se considère comme malade et reste assise sans bouger.

Les patients qui partent de zéro doivent y aller graduellement.

« Faire un peu d’exercice régulièrement, trois ou quatre fois par semaine, c’est mieux que d’aller faire une vingtaine de minutes d’un seul coup, puis d’être incapable de bouger ensuite », prévient le Dr Tehfe.

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