TENDANCE | ENTRAÎNEMENT : LES TENDANCES DE 2026
Source et crédit photo : L’ACTUALITÉ | Mario Beauregard/AGENCE QMI [Extrait] L’ACTUALITÉ, Alex Hutchinson, 3 février 2026
Des calories aux raccourcis, voici les concepts qui teinteront vos séances d’exercice cette année.
Michael Joyner, physiologiste à la clinique Mayo et considéré par beaucoup comme l’un des éminents experts scientifiques mondiaux en matière d’exercice physique, a un jour été invité à résumer l’état des connaissances sur la manière dont les coureurs devraient s’entraîner. Il a répondu par un haïku :
« Cours des kilomètres
Augmente parfois ta vitesse
Et fais quelques pauses. »
Ce n’est pas le genre de conseil qui change chaque année, et il en va de même pour la plupart des recommandations en matière de remise en forme. Néanmoins, de nouveaux concepts apparaissent et les tendances vont et viennent. Voici quatre idées dont vous entendrez parler dans les salles de sport en 2026.

Les raccourcis
En mai, quatre alpinistes britanniques ont atteint le sommet de l’Everest lors d’un voyage de moins d’une semaine depuis Londres. Selon eux, le secret réside dans l’inhalation de xénon pour se protéger du mal des montagnes.
Leur voyage pourrait servir de métaphore pour décrire l’esprit de notre époque en matière de remise en forme. Plus que jamais, nous sommes à l’affût d’astuces — pilules, routines matinales et gaz apparemment exotiques — qui peuvent simplifier ou écourter le chemin vers une meilleure santé ou une meilleure forme physique. Nous recherchons ces raccourcis même lorsqu’il n’y a quasiment aucune preuve de leur efficacité, ou malgré le fait qu’ils pourraient être nocifs. C’est le cas du xénon, selon les scientifiques.
Cette tendance n’est pas nouvelle, mais elle a été amplifiée par les réseaux sociaux et continuera sans aucun doute à se développer en 2026. Résistez-y si vous le pouvez, essayez plutôt de profiter de l’ascension de la montagne.
Ralentir
On part généralement du principe qu’un entraînement plus intense est plus efficace : plus on sollicite son corps, plus on améliore sa condition physique. Mais des études récentes remettent en question cette affirmation.
Les données de 120 000 coureurs téléchargées sur l’application d’entraînement Strava ont révélé que le meilleur indice du temps qu’il vous faudra pour courir un marathon est la quantité de jogging facile que vous faites chaque semaine, et non l’intensité de vos efforts. Les scientifiques ont observé des tendances similaires dans d’autres sports, et les données de laboratoire indiquent que les exercices relativement faciles qui ne vous mènent pas à l’épuisement (ce que l’influenceur de l’entraînement Peter Attia appelle les exercices de « zone 2 ») présentent des avantages métaboliques uniques.
Cela ne signifie pas pour autant que vous deviez abandonner complètement les exercices exigeants tels que les intervalles à haute intensité. Les athlètes d’élite ont depuis longtemps l’habitude de mélanger les entraînements faciles et difficiles dans un rapport d’environ 80/20. Nous commençons enfin à suivre le mouvement.
Compter les calories
L’ultramarathonien espagnol Kilian Jornet a brûlé 16 104 calories lors de la course d’endurance Western States 100-Mile, en juin. Nous le savons parce qu’il a bu une boisson spéciale marquée par des isotopes qui lui a permis de calculer précisément ses dépenses caloriques. Cette technique isotopique est employée dans les laboratoires depuis des décennies, mais elle est désormais accessible au grand public et son utilisation se généralise chez les athlètes.
Étant donné le nombre d’athlètes qui souffrent d’un trouble potentiellement dangereux appelé « déficit énergétique relatif dans le sport », causé par une alimentation inadéquate, mettre l’accent sur le comptage des calories peut sembler risqué. Mais en de bonnes mains, une image plus précise de la quantité exacte d’énergie que l’on brûle peut aider à s’assurer que l’on mange suffisamment pour rester en bonne santé.
Courir
Le premier engouement pour la course à pied a débuté dans les années 1970, à la suite de la parution de livres comme Aerobics, de Kenneth Cooper. La deuxième vague, dans les années 1990 et 2000, a été marquée par la présence d’Oprah Winfrey en couverture du magazine Runner’s World. Nous sommes désormais entrés dans le troisième cycle d’emballement pour cette activité physique.
Tout a commencé pendant la pandémie, lorsque les autres occasions de faire de l’exercice ont été limitées. Mais il y a plus que cela. Grâce à une nouvelle génération de chaussures à semelles épaisses, la course à pied hypothèque beaucoup moins le corps. Et dans un monde de plus en plus virtuel, les coureurs de la génération Z, en particulier, trouvent dans les clubs de course à pied un lien réel et un sentiment d’appartenance à une communauté.
En tant que coureur de longue date, je vois de plus en plus de gens courir sur les routes et les sentiers, et les grandes courses affichent complet en un temps record. Espérons que cette tendance perdurera.



